Le voyage, qu'est-ce que cela révèle en soi ?
L'extérieur est un miroir de l'intérieur.
Gandhi le formulait ainsi : "Soit le changement que tu veux voir en ce monde." Ce concept a pris une nouvelle dimension lors de mon dernier voyage en Egypte.
Pour la première fois, je partais avec une invitation particulière : permettre aux temples de me révéler quelque chose de moi-même. M'autoriser à voir, percevoir, ressentir et accueillir ce que leur reflet ferait émerger en moi.
Peut-être connaissez-vous cette sensation : comprendre quelque chose intellectuellement, sans vraiment savoir ce que cela signifie dans l'expérience. C'était un peu mon cas. Une partie de moi comprenait… un peu. Mais une autre ne savait pas vraiment ce que cela voulait dire, ce qu'il fallait faire, ni ce qui allait se passer.
J'ai alors commencé ce voyage avec une invitation adressée à mon mental : lâcher prise, se laisser surprendre, désapprendre. Regarder le voyage comme un enfant qui découvre le monde et se laisse porter. Simplement être là, disponible à ce qui se présente.
Quand l'expérience devient un miroir
L'Egypte est, pour moi, une terre d'initiation. J'y ai vécu des expériences intérieures, avec le sentiment que chaque lieu ouvrait une porte différente. J'ai marché, j'ai regardé, j'ai surtout ressenti : dans mon corps, dans un état de conscience différent, je savais.
Le focus n'était plus porté sur les murs des temples, leur histoire ou leur architecture, il était sur : qu'est-ce que ce lieu - avec son énergie propre - révèle en moi ? Qu'est-ce que je découvre de ma manière de voir, de penser ou d'être au monde ?
Parfois, rien ne semblait apparaître. Ou alors, juste une légère sensation, un flottement, quelque chose de profond qui vibrait et ondulait. Une onde intérieure que mon mental n'arrivait pas à "saisir".
Et si tout n'avait pas besoin d'être compris ?
L'un des enseignements de ce voyage a été de lâcher le besoin de donner du sens à chaque expérience. De m'autoriser à entrer dans le grand Mystère. De ne pas chercher à le résoudre, mais simplement à l'accueillir.
D'autres fois, des clartés, des prises de conscience, des images, des émotions ont émergés.
Au delà de ces expériences elle-même, il y avait la conscience d'être la conscience qui observe tout cela. Cette présence qui accueille ce qui est, sans avoir besoin de s'y accrocher. Le détachement de l'expérience elle-même.
Juste Être. Dans la présence de l'instant. A chaque instant.
Et après le voyage ? Le voyage continue... sous une autre forme. Il se transforme un temps en une phase d'intégration nécessaire. Un temps pour laisser décanter, accueillir ce qui a été vécu et permettre aux transformations de trouver leur place.
Ce sont souvent les changements les plus discrets qui témoignent de ce qui a profondément évolué en nous : une autre façon d'agir, des paroles différentes, une situation qui ne nous touche plus de la même manière, un regard qui s'ouvre là où, auparavant, nous ne voyions qu'une seule possibilité.
Peut-être est-ce là que l'expérience prend tout son sens : lorsqu'elle ne reste pas un souvenir, mais qu'elle transforme peu à peu notre manière d'habiter le quotidien.
Et vous, avez-vous déjà vécu une expérience qui a changé votre regard sur vous-même ou sur le monde ?
Qu'avez-vous découvert dans cette expérience ? Et qu'en reste-t-il aujourd'hui dans votre manière de vivre, de choisir ou de rencontrer les autres ?
Il n'est pas nécessaire d'avoir des réponses immédiates. Parfois, une question simplement accueillie ouvre déjà un espace.
Avec amour.